Le projet
Veillant au cœur du palais depuis quatre siècles, la cour du Sphinx a besoin d’être restaurée ! De la verrière historique au célèbre mur le Vau, en passant par les œuvres et leur médiation, la cour du Sphinx est prête à entrer dans une nouvelle étape de son histoire.
Depuis 1661, la cour a connu bien des changements et chaque étape de sa transformation est encore visible aujourd’hui. Pour mieux comprendre les défis auxquels elle est confrontée en 2026, il est nécessaire de revenir sur son histoire.
L’appellation « Cour de la Reine » apparaît dès 1652, lorsque l’architecte Louis Le Vau aménage autour de cette cour les appartements d’Anne d’Autriche. À la suite d’un incendie survenu en 1661, l’architecte est chargé de reconstruire les parties détruites et il réalise la façade qui contribue encore aujourd’hui à la renommée de la cour.
Avec l’installation de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture au Louvre en 1692, la cour devient l’atelier de François Girardon et se remplit de sculptures.
À partir de l’ouverture du musée en 1793, la cour accueille progressivement des sculptures monumentales, parmi lesquelles le Sphinx de Tanis, auquel elle doit son nom actuel. Sous Napoléon III, elle est bordée par deux nouvelles ailes au nord-ouest qui ferment la cour.
C’est en 1934 qu’elle acquiert l’apparence que nous lui connaissons, avec l’installation de la verrière qui la recouvre encore. La cour du Sphinx devient alors la première cour couverte du musée et s’affirme comme un véritable espace muséographique.
En 2026,
changez la cour de l’histoire !
La cour de Sphinx n’abrite plus le Sphinx de Tanis depuis presque 200 ans, il est grand temps de la renommer !
UN Parcours romain
entièrement repensé
La cour du Sphinx a connu au XXème siècle une évolution notable de son parcours muséographique : d’abord pensée comme un espace dédié à l’Asie Mineure (Turquie actuelle), elle est destinée à accueillir des œuvres monumentales issues de l'ensemble de l'empire romain.
En effet, l’expansion territoriale de Rome s’est accompagnée d’une large diffusion de la statuaire monumentale, y compris dans les régions les plus éloignées de la capitale, où elle a donné naissance à des créations mêlant spécificités locales et modèles romains.
De l’Asie Mineure à l’Afrique du Nord, en passant par la Grèce, ces territoires ont produit des représentations originales, témoignant de la rencontre entre traditions locales et influences romaines.
LES GRANDES ÉTAPES
DU CHANTIER
La restauration de la cour du Sphinx sera conduite sous la maîtrise d’œuvre de Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques. Le groupement WHY-BGC se chargera du volet muséographique.
Installée en 1934, la verrière actuelle présente des fuites, une maintenance complexe et une aération insuffisante ; elle sera entièrement remplacée par une nouvelle structure vitrée, doublant la surface de vitrage et intégrant un système de free‑cooling, une ventilation naturelle permettant une climatisation passive adaptée à la hauteur de la cour. Cette restauration se fera dans une démarche attentive aux enjeux contemporains de climat et d’écologie patrimoniale, afin d’offrir un environnement plus stable pour les œuvres, de limiter la consommation énergétique et d’améliorer le confort des visiteurs.
Les façades, dont celles élevées par Le Vau, seront restaurées pour traiter les altérations causées par les infiltrations. Le sol fera également l’objet d’une réfection complète avec un nouveau dallage intégrant un plancher chauffant.
L’ensemble de ces travaux mettra en valeur la distinction entre les murs du XVIIème et ceux du XIXème siècle.
Une cour ancrée dans son époque
La cour du Sphinx n’est plus confrontée aux mêmes enjeux qu’il y a un siècle, lors de sa couverture. Elle doit répondre à des problématiques plus actuelles, qu’elles soient environnementales, éducatives ou de sûreté.
La cour en lumière
La nouvelle verrière qui remplacera celle de 1934 sera équipée d’un système de ventilation naturelle essentiel pour la préservation des œuvres et l’accueil des visiteurs.
Un espace pour tous
Au cœur de l’aile la plus fréquentée du musée, la cour sera conçue comme un espace de calme, idéal pour une pause dans la visite.
Le public au cœur du projet
De nouveaux dispositifs de médiation permettront d'apporter une vision complémentaire sur cet espace et sur les collections qui seront présentées.
Ce que vous contribuez à mettre en lumière
La réouverture de la cour du Sphinx va permettre une redécouverte des œuvres qu’elle abrite depuis plusieurs décennies, mais aussi de nouvelles œuvres qui seront intégrées à ce parcours romain renouvelé.
© 2020 Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Hervé Lewandowski
La Mosaïque des Saisons
Découverte en 1935 dans le faubourg de Daphné, près d’Antioche, cette mosaïque ornait le sol d'une grande villa romaine du IVème siècle. Organisée autour d’un bassin central, elle montre les quatre saisons sous forme d'allégories féminines ailées, entourées de scènes de chasse et d’un décor végétal très riche. Réalisée avec des tesselles de marbre, de pierre, de verre et même de verre doré, elle témoigne d’un savoir‑faire exceptionnel.
La restauration menée entre 2018 et 2019 a révélé toute la richesse de ses couleurs et la subtilité de ses détails, faisant de cette mosaïque l’un des chefs-d’œuvre des collections romaines du musée du Louvre.
Frise du temple d'Artémis à Magnésie du Méandre (Turquie actuelle)
Cette frise compte parmi les amazonomachies les mieux conservées de l’Antiquité. Thème iconographique majeur dans l’art grec et romain, l’amazonomachie représente les combats opposant les Amazones, peuple mythique de femmes guerrières, à différents héros, comme ici Héraclès. Destinée à orner le temple d’Artémis Leucophryène au IIème siècle avant notre ère, elle est considérée comme la plus longue frise de l’Antiquité, dont le Louvre conserve aujourd’hui 42 %, soit quarante et une plaques.
© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Philippe Fuzeau
© akg-images / Paul Almasy
La statue du Tibre
Cette sculpture romaine monumentale représente le dieu‑fleuve Tibre sous les traits d’un homme mûr, barbu et allongé, selon l’iconographie traditionnelle des divinités fluviales. Il tient une rame, symbole de navigation, et une corne d’abondance rappelant les richesses que le fleuve apporte à Rome. À ses pieds, la louve allaitant Romulus et Rémus évoque le mythe fondateur de la ville. Réalisée en marbre du mont Pentélique, la statue ornait autrefois une fontaine du temple d’Isis à Rome, où elle faisait pendant à une statue du Nil. Découverte en 1512, elle rejoint le Louvre en 1797 et y demeure depuis, devenant l’une des représentations les plus célèbres du Tibre dans l’art antique. Elle retrouvera sa place dans la cour du Sphinx dès sa réouverture.
Ces œuvres sont aussi emblématiques de l’histoire de la cour que l’a été le Sphinx de Tanis il y a 200 ans, elles pourraient faire l’objet de son nouveau nom ? À vous de le suggérer !
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